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Dimanche 10 mai 2009

" L'amour a la vertu de dénuder non pas deux amants l'un en face de l'autre, mais chacun des deux devant soi-même".
Cesare Pavese


Ce n'est jamais la nudité de l'autre qui nous trouble mais la sienne propre, au réel comme au figuré..
. et notre pudeur ne se choque que de la liberté de l'autre...

L'amour ne nous force pas seulement à quitter nos vêtements, mais bien nos déguisements et nos masques, et l'on se retrouve bien plus embarrassés de ne pas pouvoir cacher qui l'on est, que de montrer nos bourrelets...
La pudeur du corps n'est rien en comparaison de la pudeur des sentiments...

On croit partir à la découverte de l'autre, et au final, c'est devant soi-même que l'on s'étonne, et que l'on met à jour des facettes inconnues...

Par Lo - Communauté : Interlignes
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Mercredi 6 mai 2009

" Est-ce que les mots sont comme des médicaments ?
Est-ce qu'ils peuvent guérir les gens ?
"
François Chaffin


Evidemment !...
Les placebos en sont démonstration exemplaires pour guérir le corps... et les mots d'amour
ont le même effet sur l'âme...
Les mots sont des magiciens qui redonnent couleur aux jours gris qui font la gueule, quand leur douceur
nous parvient jusqu"aux oreilles...

Les mots sont des guérisseurs nés... ou des tueurs.. suivant d'où ils partent et quels buts ils nourrissent...
Les mots sont à manipuler avec précaution, on ne sait pas toujours les maitriser...
Ils jaillissent parfois sans raison, et dévoilent l'intime... ou bien le recouvrent d'une couche protectrice...
Sait-on jamais mesurer la profondeur et l'impact réel des mots que l'on emploie ?...
On les envoie et on les jette sans plus aucun pouvoir sur eux...
Est-ce que ce sont les mots qui sont des médicaments ou les intentions glissées dessous, qui soignent,
guérissent ou assassinent ?...

Les mots ont ce pouvoir particulier, de changer de sens et de contenu suivant le ton, le moment ou lieu où ils se matérialisent...
Il y a des mots d'amour qui blessent autant que des mots de haine qui soulagent...
Le pouvoir n'est donc pas lié aux mots de façon intrinsèque et leur destinée ne peut jamais être connue
d'avance...
Les mots sont aussi parfois des bombes à retardement, quand il nous faut faire preuve de réflexion et de
perspicacité pour en dégager le but...

L'insolence des mots peut être l'électro choc nécessaire pour changer le cours de la vie, et l'engager vers la voie qui guérit du mensonge et de l'hypocrisie, qui fait mourir à petits feux les relations sociales et les personnes qui en souffrent...
Les mots peuvent être notre salut comme notre cancer. Chacun choisit son camp quand il prononce les mots qui viennent du coeur ou ceux qui visent à servir des intérêts.
Les premiers se reconnaissent à leur action analgésique sur les mauvais coups de la vie, les autres au
durcissement des symptômes de mal-être et de dévalorisation de soi...
Tous les médecins savent que les mots qui soigneront d'abord leurs patients ne sont pas ceux qui siègent au coeur du Vidal, mais bien ceux qui accompagneront les termes compliqués qui posent un diagnostic...

Quelques mots d'amour et de bienveillance, font partie de la trousse d'urgence, que chacun devrait garder sur soi, pour parer à toutes les situations de souffrance auxquelles il sera confronté dans son existence.
Mais reconnaissons qu' il est parfois plus facile d'administrer une piqûre de sédatif, plutôt que d'ouvrir son coeur et sa conscience, au pouvoir que nous détenons, de réanimer les corps et les esprits
psychologiquement abimés...

Ne nous sous-estimons pas, il y a des formules magiques toutes simples pour guérir... et il ne tient qu'à
chacun de les formuler pour se sentir vraiment magiciens...
...



Par Lo - Communauté : Les chroniques de la meute
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Mercredi 6 mai 2009

" Ne juge personne avant de te mettre à sa place.
Ce vieux proverbe rend tout jugement impossible, car nous ne jugeons quelqu'un justement que parce que nous ne pouvons pas nous mettre à sa place.
"
Emil Michel Cioran


Nous sommes, donc nous jugeons...
cela pourrait être aussi une autre maxime existentielle...
Le fait d'émettre une opinion peut toujours être entendu comme une prise de position et donc un jugement rendu.
Quelle est la frontière entre l'expression de sa propre pensée et le jugement ?...
Suivant les oreilles qui l'entendent, cette mise en mots de nos réflexions peut être prise pour jugement comptant... et content...

On s'accorde souvent à dire que l'on ne peut juger personne sans connaitre tous les tenants et les aboutissants d'une histoire, mais dans les faits, c'est très différent.
Bien que fidèle et fière partisane de cette défense du jugement hâtif, il me faut bien reconnaître qu'il m'arrive de juger sans savoir, et plus particulièrement quand je suis émotionnellement impliquée dans l'affaire...
Mea culpa bien sûr, mais un aveu de mal jugement peut-il effacer les conséquences parfois fâcheuses qui en découlent ?...

En regard qui se pose en miroir, je reçois le jugement des autres... comme tout le monde, sur mon univers et sur ma vie,
alors même que secrète par nature, je suis forcément objet de jugements qui ne peuvent prendre en compte que les éléments que je laisse transparaitre, réducteurs et parcellaires, faits de contradictions et d'incompréhension...
La question du jugement peut alors se poser différemment.
On ne peut pas s'empêcher de juger ni d'être jugé, mais on peut n'y accorder que très peu d'importance, et décider que le seul jugement valable, c'est le sien propre sur sa vie...
Que chacun agisse en son âme et conscience pour mener à terme sa vie, et laisse autrui libre de faire de même, sans chercher à influencer, à comprendre ce qui ne peut l'être que de l'intérieur, ni à croire qu'il possède une quelconque vérité de vie digne d'être transmise par ce biais-là...

Le mécanisme du jugement sert aussi à chacun d'entre nous, à se positionner dans sa vie propre en nous permettant d'imaginer ce que l'on pourrait faire dans des situations auxquelles nous ne sommes pas personnellement confrontés.
Le jugement quand il ne se veut pas moralisateur, peut être un champ ouvert vers d'autres possibilités de réflexion, et agrandir notre espace de vie à une universalité soudain tangible... Parce que, ce que l'on juge, ce sont toujours des comportements, des actions ou réactions... et on les juge parce qu'on s'imagine dans cette situation, avec notre histoire, nos représentations et nos idées reçues... c'est-à-dire de façon unique et singulière...

Si nous pouvions réellement nous mettre à la place de quelqu'un, nous n'aurions pas de jugement, mais seulement des réactions...
Nous ne pouvons pas reproduire dans nos cerveaux, le cadre de pensée et de ressenti de l'autre, nous ne pouvons penser que par ce que nous sommes... Et même avec des histoires qui se ressemblent, à quelques détails près, ce sont ces détails qui font toute notre différence...
Nous pouvons utiliser des mots qui se ressemblent, mais c'est toujours à nous qu'ils ressemblent ,plus qu'à des paroles universelles...
Nous avons tous en nous des mots qui nous ressemblent, et qui ne ressemblent qu'à nous...

Mais c'est avec les mots qui nous ressemblent, que nous pouvons dire aux autres, les paroles qui rassemblent...
parce que chacun dans notre bulle, nous vivons des destins similaires, dans lesquels nous évoluons comme nous le pouvons, à notre façon...
Notre point de rencontre avec l'autre se situe toujours sur la frontière commune de l'humanité...
Certains la gardent du haut de leurs miradors, mitraillette au point pointée sur tout ce qui ne pense pas comme eux, d'autres se contentent de surveiller la ligne de démarcation, veillant à ne pas se laisser envahir par des idées et préjugés qui viendraient d'ailleurs...
Les frontières... ce sont nos limites d'acceptation de l'invasion du monde extérieur sur notre terrain intime et personnel...

Le jugement n'est pas mauvais en soi, il n'est qu'esprit critique, propice à nous protéger d'adhésions irréfléchies à des points de vue extérieurs...
Mais gardons-nous des effets de mode et d'entrainement qui peuvent nous pousser à suivre le mouvement sans raisonnement...



Par Lo - Communauté : Les écorchés vifs
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Mardi 5 mai 2009
" Si tu doutes de tes pouvoirs, tu donnes des pouvoirs à tes doutes."
Claude d'Astous


Comme disait Camus, les doutes sont ce que nous avons de plus intimes, parce qu'ils ne s'appuient pas sur une réalité, mais sur la représentation que nous nous en faisons.
Si les doutes naissaient de quelque chose de concret, ils deviendraient des certitudes...
Aussi faut-il être plus fort que ses doutes, et savoir, dans l'ignorance, prendre le parti qui peut nous porter plus loin, plutôt que de piétiner sur des hésitations et des "peut-être" destructeurs qui nous paralysent dans des pensées limitantes...

Bien plus facile à dire qu'à mettre en pratique... Peut-être... mais peut-être pas non plus...
C'est une décision à prendre : celle de croire à ses rêves, plutôt qu'aux impossibilités de les réaliser...
C'est un angle de vue à adopter, une nécessaire prise de position pour apprécier la vie du côté "défi" plutôt que du côté "perdu d'avance"...
Commencer à douter, c'est commencer à s'arrêter sur le pourquoi plutôt que sur le comment... et ce qui fait avancer c'est de chercher à trouver le "comment faire" plutôt que de s'interroger sur le "à quoi bon ?"...

Des considérations philosophiques auxquelles il est parfois difficile d'adhérer quand rien ne présage qu'on est sur la bonne voie...
Et alors ?...
Imaginer tous les obstacles qui peuvent nous empêcher d'arriver au bout de notre voyage projeté, ne donne guère envie de le continuer... autant poursuivre sa marche en avant, même si les murs semblent se resserrer autour de nous...
Après tout, on crée tous notre propre histoire, et dans les histoires... tout peut toujours arriver... selon les caprices de l'auteur et du metteur en scène...
Les histoires sont pleines de rebondissements... et notre vie n'échappe pas à cette logique de l'inattendu...

Nous récoltons les fruits des graines que nous plantons, sans jamais connaitre à l'avance la météo...
Les prévisions de Météo France nous décourageraient bien de planter quoi que ce soit si on les écoutait.
..
La vie joue sur le même diapason d'incertitude...
La réalité peut naturellement nous obliger à revoir certaines de nos envies, parce que jouer les Don Quichotte de la vie est une perte de temps et d'efficacité. Si une chose est prouvée comme étant impossible, il est idiot de combattre cette vérité.
Mais si la réalité n'est pas contre nous, tout est permis...

Ne jamais fermer les yeux sur les impossibilités... ni sur les possibilités...
Croire que ce qui n'est pas impossible peut toujours être tenté...
Savoir qu'on a les moyens de ses rêves... puisqu'on en a eu l'idée...


Et planter sa vie au soleil et à la pluie de ses envies pour faire pousser son bonheur...
Sans prêter plus d'attention que nécessaire aux mises en demeure de la peur... ...


Par Lo - Communauté : JE CREE MA VIE
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Mardi 5 mai 2009
" L'amour est aveugle ? Quelle plaisanterie ! Dans un domaine où tout est regard !"
Philippe Sollers


L'amour n'est ni aveugle ni mal voyant,
C'est un acte volontaire de fermer grand les yeux...
Pour entretenir nos rêves et nos désirs fougueux,
Indépendamment de tout réel existant...

Le regard est un nichoir où couvent nos histoires

Avant de prendre envol vers leur espoir...
Les jeux de l'amour n'y doivent rien au hasard,
Quand l'œillade s'érige en maitre du traquenard
Et que nos silences ostentatoires sont bien plus bavards
Que tous les discours qu'on pourrait avoir...

Que la pupille s'agrandisse, et que l'iris s'épice,

De l'effronterie complice qui annonce les prémices,
D'une suite annoncée avec malice en coulisse ,
Et l'on imagine déjà cette nouvelle esquisse,
En tête, in extremis, de notre love box office,
Nul besoin de Live Box pour se connecter au délice...

L'amour ne cherche pas la rime du toujours,
Quand il savoure dans le contrejour,
Le velours de l'œil qui s'enamoure,
Promettant de son glamour, un parcours
Dont l'imagination dessine les contours,
Et que le regard accueille et défie sans détour...

Ce n'est qu'ensuite que l'amour feint de ne pas voir

Quand sorti de sa préhistoire, et des secrets de son boudoir,
Il se met à la barre d'un voyage en duo et en balançoire,
Entre réel et illusoire, confronté à son histoire,
Il rue dans ses brancards, met ses bécarres,
Et préfère se voiler le regard...

L'amour n'est ni aveugle ni mal voyant,
C'est un acte volontaire de fermer grand les yeux...
Pour entretenir nos rêves et nos désirs fougueux,
Indépendamment de tout réel existant...

Les yeux grands fermés pour garder le cœur bien ouvert,
Et ne pas se laisser troubler par les courants d'air,
Qui pourraient faire que le sentiment s'altère...
Les yeux grands fermés pour que la raison se modère,
Et que domine l'envie sincère et nécessaire,
D'apprécier de l'amour toute sa lumière et son mystère...

L'amour n'est ni aveugle ni mal voyant,
Mais pour passer les caps délicats,
Il faut porter volontairement parfois,
Des verres teintés par dessus ses montures de sentiment...




Par Lo
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