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2 mai 2008 5 02 /05 /mai /2008 16:07

" L'homme souhaite un monde où le Bien et le Mal soient nettement dicernables car est en lui le désir inné et indomptable, de juger avant de comprendre."
Milan Kundera


Le Bien et le Mal fondent la morale ; la morale permet d'encadrer les moeurs et les comportements, voire même la façon de penser. La distinction entre le Bien et le Mal doit être nette : tout acte doit pouvoir pencher d'un côté ou de l'autre, la neutralité n'existe pas...
On peut ainsi appréhender le monde facilement avec deux gros filtres de jugement simplifié... un cadre de référence qui nous évite bien des réflexions... des repères rassurants pour guider notre opinion...

Distribuer les évènements de la vie selon ces deux axes, c'est inévitablement porter un jugement. On ne fait pas toujours les choses parce qu'elles sont bien, ou parce qu'elles sont mal... De plus, nos possibilités d'action sont parfois restreintes, et l'on choisit par dépit le moindre mal...
Utiliser ce genre d'outils pour évaluer la vie est réducteur... au-delà de la notion du bien et du mal existent d'autres éléments qui déterminent nos agissements... au-delà de la morale, il y a des histoires de personnes qui interagissent les unes avec les autres... au-delà de la vue d'ensemble extérieure que nous regardons, il y a une multitude de raisons et d'enchaînements, qui font que le cours des choses est sans cesse évolutif, pas toujours "raisonnable" en termes de bien, de mal et de morale...

La morale, et plus encore la moralité, sont avant tout véhiculées grâce à l'opinion publique, cette foule de "on" silencieux, qui se dresse comme un mur à facettes, et qui nous projette ses images admises et "rassurantes"...
La dictature du "on" est régime insupportable. Loin des grands héros de cape et d'épée, le grand "On" traque de la pointe de sa bonne conscience collective, tous nos actes "subversifs" à sa sphère de pensée... Sans rien remettre en cause de sa véracité et de sa légitimité...
Juger du bien et du mal permet de s'identifier à un groupe de pairs, de se reconnaitre appartenant à une communauté... au lieu de se sentir seul devant un carrefour de pensée en quelque sorte, avec des directions pas assez claires à prendre sans réflexion préalable...

Juger prend moins de temps que comprendre... L'économie du temps d'écoute, de réflexion et de remise en question y est sans commune mesure. A partir du moment où l'on dispose de pattern de jugements bien établis, le jugement peut se faire à la chaine, pas besoin d'examiner à la loupe les cas particuliers.. Et puis l'erreur étant humaine, même si ce mécanisme primaire comporte quelques failles, il représente un tel point de repère, que les erreurs de jugement avérées... ne peuvent pas à elles-seules, tout remettre en cause...
Le manichéisme est simplification... ce côté pratique séduit beaucoup, nul besoin de se retourner les neurones, c'est un peu comme dans ces jeux collectifs de loto organisés en salle les dimanches de pluie... quand on nous dit de cocher telle case, on la coche et c'est tout. Quand on nous dit "c'est bien", on met ça du "bon côté", et quand on nous dit "c'est mal",de l'autre côté...

Bien sûr... parfois il y a des "cas de conscience", quand les limites de frontières sont floues, quand d'autres éléments sembleraient mériter d'être pris en compte... Le surmesure est plus difficile à assumer... et ne s'examine malgré tout qu'à la lumière du cadre référent, même si on le sait bancal...


La question est pourtant essentielle... Ce sont nos jugements sur les choses qui font notre vie... ...


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