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11 juin 2007 1 11 /06 /juin /2007 16:36
Un cheval lancé au galop
Le mors lui blesse les dents, asservi, avili
Sa crinière hérissée, comme une machine de guerre
Son corps sculptural aux sabots qui blessent la terre
Escalve vivant d'une cause à laquelle il ne comprend rien
Il n'y a plus d'hommes blancs, il n'y a plus d'indiens
Il y a deux haines qui se font face
Il y a deux guerres qui se menacent
Et là-bas, le désert qui s'embrase d'une lutte qui rend fou
D'un combat titanesque aux contours d'avenir flou...

Jadis en paix, dans un désert de merveilles et de richesses
Soudain voit apparaître de nouveaux desseins
Qui donnent un air de déjà fini à ton destin
Implacable logique du progrès humain qui tue toutes tes sagesses
Les vents tendent dans un dernier murmure
De te souffler les mots qui te renforcent et te rassurent
Mais déjà tu n'entends plus rien, sourd aux appels des éléments
Tu dois lutter avant qu'il ne soit trop tard... maintenant...

Les armes sont inégales aux cerveaux étrangers de l'avidité
Ton corps frémit sous les assauts des feux de la modernité
Au nom de l'or et des diamants, tu courbes l'échine
Impuissant devant ces rafales de mort qui te devinent
Caché dans tes croyances dérisoires face au monde sans pitié
Qui sacrifie l'intégrité au profit du dieu du pouvoir d'acheter
Quelques breloques de pacotilles en échange de ton passé
Quelques morceaux de papier promis pour oublier tes racines sacrées...

Et le ciel s'assombrit sous la colère des Dieux de la montagne
La rage au coeur et le désespoir qui sèment la gangrène
Parmi les tribus autrefois solidaires dans la hargne
Tu ne reconnais plus rien dans l'horreur de la scène...
Tes enfants gisent à terre, tes femmes gémissent et pleurent
Toi, le courageux guerrier quisortait les esprits de la torpeur
Toi... L'homme, sauvage dans cette nature, bien plus qu'humain...

Ton regard se tourne maintenant vers les nuages
Plus loin que toutes les montagnes de pierre
Plus haut que tous les soleils du paradis et de l'enfer
Quelques gouttes de sang accrochées à ton plumage
Déchu de tous tes droits dans l'indignité la plus totale
Ils t'ont pris tes terres, ils t'ont pris ton peuple, et t'ont jeté là
Au nom de la conquête, au nom du bien et du mal
Au nom de leur Dieu, au-dessus de leurs lois...

Forts de leurs savoirs inventés pour les servir
D'une puissance jamais égalée, ils ont inventé l'esclavage
Pour se sentir plus libre de se croire les nouveaux sages
Aux confins de l'Occident, dans un monde de désirs
Dans un royaume de toc où ils regardent briller
Des statues d'or sculptées de ton sang
Des bijoux qui font briller d'un éclat amer leurs enfants
Innocents descendants à qui l'on tait les vérités...

Mais la terre se souvient, l'herbe repousse toujours
Les troupeaux se reforment, le passé ressurgit, un jour,
La mort n'est qu'un passage, la mort ne veut rien dire
On peut tuer l'instant présent, l'immortalité est bien là...
Et comme l'oiseau de feu, qui renaît soudain, ivre de plaisir
De déployer encore et encore ses ailes d'argent sur tes pas
La mémoire de ton peuple se dresse devant nous
La cruauté nous poignarde le coeur de mille clous...

Et de tes croyances ancestrales jaillit un arc-en-ciel
Qui nous montre du doigt les vilenies qui nous enracinent
Notre passé qui nous rend enfin humbles et nous mine
De ta vie dénaturée aujourd'hui, de tes instincts sensuels
Qui te faisait communier avec le monde vivant
Parce que ton monde à toi, contrairement au nôtre, était vivant
Parce que les rivières chantaient et les arbres respiraient
Parce que fils du Ciel et de la Terre, tu te sentais exister...

Aujourd'hui que reste-t-il de ces guerres infertiles
Qui n'ont engendré que le mal et la haine, blessant à mort
Attisant le culte de l'indifférence et du profit mercantile
Vouant à l'échec toutes les tentatives d'accord
Aujourd'hui il ne reste que le dégoût et l'impuissance
Pour porter sur nos épaules comme un châtiment divin
Les crimes de supériorité perpétrés dans la violence
Pour se souvenir qu'il y eut un jour, dans ces plaines... des hommes indiens...

L.W. (2001)

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