" Les peurs nous sont inculquées par notre éducation et il est possible, à qui le souhaite,
de s'en défaire."
Karl A. Menninger
L'inné et l'acquis est un débat houleux qui de tous temps, a emballé les philosophes, les
psychologues, les sociologues, et bien d'autres homologues...
On ne peut pas clairement tracer de frontière entre l'inné et l'acquis, parce qu'ils
s'interpénètrent l'un l'autre pour aboutir à notre construction. L'un façonne l'autre...
Ce qui est certain, c'est que l'éducation joue un rôle important dans le développement de la
personne, et certains comportements réflexes, que l'on a du mal à s'expliquer, y prennent largement leur source.
Ainsi un enfant qui apprend à vivre dans la crainte permanente de dangers de tous ordres, sera-t-il plus enclin à développer des
peurs irrationnelles, sans même qu'il s'en rende vraiment compte, le sentiment de peur étant constitutif de sa personne, il deviendra une référence "normale"
pour appréhender le monde extérieur...
Toutes nos peurs ne sont pas issues de l'enfance, il y a des enfants par nature, plus
timorés que d'autres, auxquels il faut essayer de donner confiance à grand renfort d'encouragement et de démonstration de sérénité en tous lieux...
La peur et le manque de confiance vont ordinairement de pair. Celui qui a confiance en lui
et dans le monde qui l'entoure, peut tout défier...
Pour pouvoir combattre une peur, il faut d'abord l'avoir identifiée, et comprendre dans les
grandes lignes, les mécanismes qui participent à son élaboration, en notre intimité inconsciente...
Une fois que l'on a mis à jour les rouages de son développement, on peut anticiper son apparition, se préparer à y faire face, et
plus encore, lui donner une importance toute relative... car ce qui fait surtout peur, c'est quand on ignore les raisons de la terreur ressentie. La
peur démasquée n'est plus qu'un pantin en costume, et l'on peut lui attribuer d'autres rôles que ceux qu'elle nous a habitué à jouer, à notre insu...
"Grandir", c'est aussi s'éloigner... prendre ses distances avec les idées reçues et parfois
préconçues qu'on a emmagasinées, se forger ses propres opinions des choses par l'expérience qu'on en fait, trouver qui l'on est à l'intérieur de soi plutôt que rester collé aux images de
nous qu'on nous a renvoyées, et vivre sa vie... avant tout...
Il n'est jamais facile d'emprunter un chemin qui s'écarte de celui qu'on connait, de celui sur lequel on nous a guidé
jusqu'alors... mais c'est le seul moyen pour tracer sa route... et trouver sa voie...
Remettre en question les principes et préceptes, quasi "divinement" inculqués, par des parents éclairants pas toujours éclairés,
est si difficile quelquefois que beaucoup renoncent... pour ne pas blesser leurs géniteurs, pour ne pas faire de peine à ceux qui se sont "sacrifiés" pour faire de la chair de leur chair...
des gens "biens"...
Mais... penser et agir autrement que selon le système de référence qu'on nous a enseigné, ne veut
pas dire qu'on devient une personne infréquentable...
Nous pouvons nous défaire de toutes nos fausses croyances limitantes, en nous appliquant à
en éprouver les fondements...
Quand elles n'ont aucune justification possible, aucune explication rationnelle et aucune utilité, mais que somme toute, elles
nous entravent, nous dérangent ou nous font souffrir de quelque manière que ce soit...
Alors... soyons sans pitié : jetons, jetons à tous vents ce que nous avons récolté aux quatre vents
de notre éducation, défrichons ces herbes sauvages qui empêchent toute culture nourrissante, et attachons-nous à semer et à planter ce que nous avons envie ou besoin de voir
pousser... même si nos goûts potagers et botaniques sortent de la tradition...
Rien ne pousse jamais sur un terrain infesté de plantes parasites et de
nuisibles...
alors nettoyons notre jardin, pour y voir pousser notre jardin du bonheur...
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