Partager l'article ! Les cinq sens en question...: " Parmi les cinq sens, la vue, l'ouïe et l'odorat connaissent moins d'interdits que le toucher et le goût." ...
" Deviens ce que tu es, fais ce que toi seul peux faire." (Nietzsche)
Juste des mots qui nous ressemblent...
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chapitres 1 à 5
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" Parmi les cinq sens, la vue, l'ouïe et l'odorat connaissent moins d'interdits que le toucher et
le goût."
Léonard de Vinci
Nos cinq sens seraient aussi victimes du principe d'inégalité, qui semble régner en
maître...
Il est vrai que la vue, l'ouïe et l'odorat sont, non seulement des perceptions immédiates, mais surtout
des perceptions non initiées consciemment et volontairement. On peut faire l'effort de regarder, de humer ou d'écouter, mais plus généralement nous en faisons l'expérience sans la
solliciter...
Le toucher et le goût peuvent aussi apparaitre comme des perceptions spontanément éprouvées, mais sont plus souvent
décidées par nos actes et nos actions.
Même si le toucher s'applique à notre corps tout entier, nous percevons beaucoup par nos mains, et
nos mains ne sont pas des entités autonomes, mais bien à l'ordre de notre cerveau, elles n'ont pas la même liberté de mobilité que celle dont nos yeux, nos narines ou nos oreilles bénéficient.
Leurs mouvements sont beaucoup plus sous contrôle, et sont de plus, moralement retenues par un ensemble de conventions et de convenance sociale, qui codifie leur autonomie...
Il en va de même pour le goût, largement développé par la bouche dans son ensemble. On ne peut pas
toujours poser nos lèvres ou notre langue là où on le désirerait pour expérimenter un nouveau goût, ni décortiquer en bouche tout ce qu'il nous plairait d'aborder par ce point de
"vue"...
Nous sommes donc la plupart du temps, amputés de deux de nos sens... Or, comme toutes les autres
espèces vivantes, nous sommes avant tout des êtres sensuels, c'est-à-dire traduisant le monde par ce que nous renvoient nos cinq sens...
Nos sens sont les capteurs par lesquels nous nous forgeons une représentation du monde, ils nous
interprètent la vie selon deux principes simples : le principe de plaisir et son corollaire le principe de déplaisir. Tout être vivant tend à privilégier le premier sur le second, et c'est
de cela que se nourrit l'instinct de survie prioritairement...
Si nous mutilons deux de nos sens, alors nous nous coupons d'une part de la réalité, qui sert à fixer nos
perceptions du monde. Nous ne voyons plus la réalité telle qu'elle nous est donnée, mais avec un filtre réducteur, qui nous en ôte une partie de la saveur...
Le fait que ce soit le toucher et le goût qui soient devenus les "parias" de nos sens, n'est pas
simplement le fait du hasard, mais parce qu'ils sont les "sens physiques par excellence" dans l'expression de la sensualité. Nous n'avons guère d'exemples d'abus de vue, d'ouïe ou d'odorat
rapportés, alors que les plaisirs du toucher et du goût donnent lieu à de nombreux abus et dépendances...
Nous ne pouvons nous passer d'aucun de nos sens, tous nous sont nécessaires pour un développement
harmonieux, bien que nous puissions pallier à la défaillance d'un, en en développant plus intensément un ou des autres.
C'est le cas notamment des non-voyants qui ont, entre autre, un sens du toucher bien plus riche que le nôtre. Mais pallier à la défaillance et obéir à des règles et des interdits, ne relève pas du tout de la même gestion de frustration. Dans un cas, elle est vitale, enrichissante et
nécessaire, là où dans l'autre, elle n'est que limitation, refoulement et obéissance. La logique de départ en est toute différente...
Le toucher et le goût touchent aussi plus spécifiquement à la liberté et à l'intégrité
individuelle... En effet, être vu, entendu ou senti par nos semblables, même contre notre volonté, nous est beaucoup moins agressif que d'être touché ou goûté...
Imaginez que ces sens qui tombent sous le coup du tabou social, soient libérés de leurs codifications, et que chacun
puisse exercer comme il le souhaite, toute cette part de sensorialité expérimentatrice...
Cela prête à sourire d'imaginer ce que cela pourrait donner... jusqu'à ce que, très vite, si réalité s'y ajoutait, nous retournions
dans un monde bestial et menaçant...
Il n'est pas souhaitable que nous soyons des handicapés sensoriels et sensuels, mais il reste des
limites du respect d'autrui, non ?...
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