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6 janvier 2009 2 06 /01 /janvier /2009 00:37

" Les querelles ne dureraient pas longtemps, si le tort n'était que d'un côté."
François de la Rochefoucauld


Dans toute querelle, il y a choc de points de vue, au moins en apparence... On peut en effet se quereller, alors même qu'on est d'accord sur le fond des choses mais pas sur la forme, ou qu'un problème de communication empêche simplement de se comprendre.
Dans toute querelle, chacun défend son opinion, ce qui est à la fois juste et légitime, sauf à être d'une mauvaise foi redoutable et d'en être conscient, mais là on touche au machiavélisme ou à la manipulation.
Défendre son point de vue est normal lorsqu'on pense avoir raison, néanmoins on peut avoir en partie raison seulement... et donc en partie aussi tort... De cette prise de conscience, on peut être amené à se rendre compte que l'autre n'a pas tous les torts, et que l'on doit partager la responsabilité de la querelle, plutôt que de la décharger intégralement sur l'autre et de se dégager de son devoir d'objectivité en toutes circonstances...

Les querelles nous conduisent sur un terrain émotionnel fort. De la reconnaissance de ses torts, on craint parfois d'ôter du poids à ses opinions. Or, savoir partager les torts, reconnaître ses erreurs, admettre que le point de vue de l'autre a autant de raison d'être que le nôtre, c'est faire part d'un respect, qui ne peut que nous honorer.
Effectivement si les torts n'étaient réellement que d'un côté, les querelles se résoudraient mieux... C'est bien souvent par péché d'orgueil que nous avons du mal à nous sentir aussi responsables d'une situation de crise, que ceux que l'on y incrimine...
L'orgueil humain est comme une ombre que l'on projette au dehors de soi, et qui peut masquer nos vraies qualités quand on le laisse nous gouverner à mauvais escient...

Les querelles peuvent être des terrains fertiles comme elles peuvent aussi être de véritables décharges de décantation, selon qu'on les prend comme base de départ de discussions, comme des moyens d'avancer selon des compromis, ou comme des terrains de rivalité dont il ne peut sortir qu'un seul vainqueur...
Ce sont souvent des peccadilles qui sont le point de départ des querelles. Sur les choses vraiment graves, on n'a moins l'audace d'exhiber son orgueil. L'orgueil s'attache beaucoup à l'étroitesse d'esprit : il atteint plus gravement ceux qui, ayant peu de confiance en leur jugement propre, ont besoin de l'imposer aux autres pour se faire exister...
Les querelles sont bonne mesure de la qualité d'une relation, puisqu'elles permettent de mettre à jour les mécanismes non dits de la communication interpersonnelle.

Les querelles prennent l'importance qu'on veut bien leur donner. D'une divergence de points de vue, plusieurs types de réactions sont possibles : la querelle en est une parmi d'autres...
On peut relativiser l'importance du débat, et privilégier la relation sur la réaction...
On peut s'y engouffrer pieds et poings ligués contre l'opinion impossible à laquelle on doit se confronter, comme dans une guerre d'idées...
On peut isoler les points de discorde et tenter de réduire ainsi le champ de la querelle...
On peut abdiquer son point de vue pour permettre de dépasser la rivalité...
On peut camper sur ses positions en se bouchant très fort les oreilles et la réflexion...

On vit trop les querelles comme des enjeux, dont il doive ressortir quelque chose à admettre ou à prouver, là où elles ne sont que différences d'interprétation du monde et des situations que l'on rencontre...
L'enjeu réel des querelles est souvent bien faible par rapport à l'enjeu relationnel en question dans la résolution des conflits interpersonnels. La démonstration de force n'est pas toujours sur le point de vue défendu, mais seulement sur l'obtention de la reconnaissance par l'autre de ses erreurs de jugement, et donc de notre raison de penser ce qu'on pense...
De toute façon... nous savons tous intuitivement quand nous avons "raison"... et aussi quand nous avons "tort", mais que nous croyons que personne d'autre ne peut le remarquer...

Une chose est sûre... Les torts sont toujours du même côté : celui de la stérilité du débat quand on s'accroche à en prouver l'évidence à l'autre... sans s'astreindre à l'épreuve du miroir concernant notre propre point de vue... ...

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