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25 février 2009 3 25 /02 /février /2009 23:58

" Il est vraiment rare qu'on se quitte bien, car si on était bien, on ne se quitterait pas."
Marcel Proust


C'est vrai qu'on dirait qu'il l'a piquée à Lapalisse celle-là... Mais il faut admettre qu'il n'a pas entièrement tort...
La principale raison que l'on constate lors des séparations est un désaccord... plus ou moins vaste sur la façon de vivre une vie à deux, et qui dit désaccord, dit débat, deux points de vue qui s'affrontent, chacun pensant évidemment détenir la vérité... Ce qui à vrai dire, n'est pas tout à fait faux : on a tous notre vérité... le problème c'est qu'elle nous est personnelle et qu'on ne peut pas y rallier tout le monde...
De ce fait, il est difficile de bien se quitter puisque chacun a et défend ses positions "légitimes"...

Se quitter est toujours une rupture sur l'échelle du temps, que l'on se quitte pour un moment ou pour la vie... On fige au passé une situation partagée, pour la glisser entre les parenthèses d'une vie qui s'autogère en toute indépendance...
Quand on se quitte pour un moment, on peut se quitter bien, puisqu'il n'y a pas de notion de durabilité sous entendue, mais se quitter pour toujours, c'est tourner une page sur laquelle on ne veut pas retourner écrire une suite...

On peut toutefois se quitter sans heurt, sans cri ni bruit, quand tout a été dit et compris de part et d'autre... en théorie, mais on n'a jamais tout dit, parce que la pensée sans cesse ramène de ses mémoires et de ses désirs de nouveaux ou d'anciens éléments qui nourrissent à foison les arguments de séparation qui nous donnent raison...
"Se quitter bien", c'est comme "ne plus aimer", ça n'a de sens que lexicalement... les faits avec leur charge émotionnelle empêchent la réalité de la chose...
On se quitte parce qu'il y a quelque chose qui ne va pas, et si tout allait bien, on ne se quitterait pas, ni dans les faits ni dans les pensées...
C'est d'abord dans la tête qu'on se quitte... avant même de le comprendre, de le raisonner et de se l'argumenter... On peut rester côte à côte en s'étant quittés depuis longtemps.

On a tort de penser qu'une rupture est un échec : une bonne rupture vaut mieux qu'un mauvais compagnonnage...
C'est un peu comme quand on tente de manger un bonbon au papier bruissant pendant un concert de musique sacrée par exemple : que vaut-il mieux ?...
Se battre quelques minutes, dont on a l'impression que ce sont des heures, avec ce papier qui crisse et qui résiste, qu'on déplie avec soin pour gêner le moins possible notre entourage, ou l'ouvrir d'un coup sec en quelques secondes ?...
Chacun fait ses choix selon ses capacités à supporter l'inconfort... ou à vouloir le limiter...

Parce que... ce qui pousse à se quitter c'est bien ça, l'inconfort de vie éprouvé... Quand on commence à préférer chez l'autre son absence à sa présence, il y a des questions qu'il est inutile de se poser, parce que les réponses sont déjà trop claires...
Si la décision est parfois difficile à prendre, ce n'est pas parce qu'on la considère comme un échec, mais plutôt parce qu'il s'agit d'un renoncement... et que ce renoncement implique qu'on remise une partie de sa vie dans le couloir des souvenirs sans avenir, des morceaux de vie classés sans suite, des histoires à archiver...
C'est cet abandon d'une partie de nous-même sur l'autel de la séparation qu'on reproche aussi à l'autre, qu'on l'admette ou qu'on le refuse...

Il est vraiment rare qu'on se quitte bien, parce qu'on déverse inconsciemment sur l'autre la responsabilité de ce renoncement, auquel on se "sent" obligé. On se "sent" obligé, dans le sens où l'on ressent que c'est notre seule porte de survie si l'on veut vivre conformément à ses attentes...
Cette sensation d'être arrivé au bout d'un parcours qui ne peut plus rien nous faire découvrir, comme un livre dont on a lu le dernier chapitre, résolu l'énigme, et dont on n'a plus rien à attendre... et qu'il nous faut refermer...
Se quitter "bien" est l'apanage de ceux qui manquent de courage pour aller vers demain, et qui font croire qu'il est bien plus sage, de s'accrocher aux ruines d'hier en entretenant l'illusion de faire e d'agir pour le mieux là où ils n'osent pas tourner complètement la page...

Si personne ne détient la vérité... force est de constater qu'on se raconte quand même plein de mensonges... ...

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