Dimanche 26 avril 2009
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" Ne deviens pas plus sage que nécessaire, tu deviendrais stupide ! "
L'écclésiaste
La sagesse est fille de raison et de réflexion... certes... mais le discours de la modération vaut également pour elle...
La sagesse est un terme ambigüe, car elle possède plusieurs champs d'application. On l'emploie à la fois pour désigner l'obéissance à un règlement ou à une injonction, et le fait de posséder une
certaine maturité d'action/réaction face à la vie en général, une certaine "sagesse de vie".
Or, ces deux notions peuvent entrer en conflit...
Ce que recommande la "sagesse de vie" inclut parfois la désobéissance à certains règlements ou injonctions, parce que l'obéissance aveugle ne relève pas de la
sagesse de vie... et rend au contraire plus stupide qu'il n'en est besoin.
Pour faire court, la "sagesse de vie" est un cheminement, qui tire d'expériences variées, des sortes de "leçons/réflexions" destinées à s'accommoder des imperfections de l'existence tout en en tirant la meilleure jouissance possible, à la fois dans l'épanouissement personnel et le respect des
autres.
La sagesse qui consiste à se comporter comme il est attendu que l'on se comporte d'après les consignes et directives que l'on reçoit, ne porte pas en elle cette notion de réflexion/conclusion personnelle sur le bien fondé de la demande d'obéissance attendue.
Ainsi l'obéissance qui ne remet jamais en cause la demande même ou la provenance de la demande, s'expose à anéantir à la fois la réflexion et le libre
arbitre, et ordonne une soumission qui peut devenir dangereuse.
On ne peut pas aveuglément obéir, et rester dans des rails qu'on nous impose sans s'interroger sur les autres itinéraires possibles, c'est nécessairement cultiver un instinct grégaire et
limitant...
La vraie sagesse, c'est de savoir jusqu'où l'obéissance est justifiable et nécessaire, et quand elle empiète sur des terrains où elle n'a pas à se
positionner, parce que déjà tenu par notre propre faculté à juger et à appréhender la vie selon nos attentes, besoins, capacités et envies...
La sagesse, ce n'est pas d'être "irréprochable", mais de pouvoir mener à terme une réflexion personnelle et globale, qui prend en compte plusieurs points
de vue possibles, en cohérence avec ses propres aspirations et les inévitables contraintes de la vie en société...
La sagesse, c'est d'être fou et rebelle quand la raison l'ordonne, et sensé quand un coup de folie serait susceptible de nous mettre dans des situations
périlleuses ou délicates qui ne sont pas souhaitables...
L'ambiguïté est bien là, car on peut être sage, sans posséder aucune sagesse, et passer pour sage dans le rejet des valeurs communes et la rébellion...
Aussi la stupidité guette-t-elle les esprits qui ne parviennent pas à assimiler que la sagesse ne peut pas provenir d'une requête extérieure, mais bien de sa propre
validation... qu'elle est avant tout une quête intérieure tournée vers l'amélioration de son propre bien-être, avant d'être là pour le confort d'autrui...
La plupart des "génies" que l'histoire a connu, même ceux qui passent pour "sages", ont un chemin tracé en marge de la norme et de la routine... et ont en commun une volonté d'être bien plus
importante que celle de paraitre ...
...
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