Mercredi 8 août 2007
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" Pour qu'une intelligence soit reconnue, il
ne suffit pas qu'elle soit mesurée, il faut qu'elle serve."
auteur inconnu
Nous naissons tous libres et égaux en droits selon le manifeste des Droits de l'Homme. Certes, mais nous ne naissons
pas tous avec les mêmes potentialités.
Sorte de données, attribuées par on ne sait quelle loterie à notre naissance, nos capacités intellectuelles nous constituent sans pour autant devoir nous identifier.
Nous n'en sommes pas responsables à proprement parler, et faisons avec, satisfaits de notre état ou insatisfaits... De toute façon, nous n'avons pas prise sur ces neurones constitutionnels de notre être.
Nous appartenons à une société qui exige de nous de plus en plus de compétences, d'adaptation et de connaissances, et cette composante devient presque comme un enjeu dès lors qu'il s'agit de la
tester, de la mesurer, comme si elle pouvait permettre de nous ranger dans un certain ordre, voire même de nous identifier, de forger les bases d'une reconnaissance.
Mais cette reconnaissance d'un état de l'être ne représente pas ce que nous sommes, et ne peut d'ailleurs rien représenter par
elle-même.
L'intelligence est un cadeau précieux car elle libère, tacitement, le champ de tous les possibles. Néanmoins,
l'intelligence pour l'intelligence, même reconnue, n'amène rien, tant qu'elle ne prouve pas son utilité, tant qu'elle n'est pas mise en service.
En parallèle, nous pouvons y mettre notre propre vie : la vie en elle-même ne représente rien, c'est ce que l'on en fait qui lui donne son sens, sa valeur, et l'attachement qu'on lui porte.
La définition du QI, et donc de l'intelligence, au sens psychologique du terme correspond à peu près à cela : "Le QI, c'est ce
que les tests permettent de mesurer", d'où la tendance à mesurer essentiellement les capacités de raisonnement logique, de compréhension et de rapidité, pour lesquels il est plus facile
de mettre au point des tests plus ou moins fiables, et d'analyser ensuite selon des critères précis, la valeur des réponses fournies. On peut ainsi établir un barème chiffré, échelonné...
Or, ce n'est qu'une facette de l'intelligence. Celle-ci bénéficie d'un champ bien plus vaste, au-delà de la pure intellectualité. D'ailleurs, on entend de plus en plus parler du QE : le quotient
émotionnel.
On s'est effectivement aperçus que les dimensions créative, humaine, artistique, etc... étaient également des éléments importants, et peut être plus constitutionnels de la personnalité que le
QI brut auquel on faisait sans cesse référence auparavant.
Ainsi donc après l'époque des surdoués du QI, on passe à une autre mode, c'est celle des surdoués du QE...
On a l'impression d'avoir progressé un peu dans une vision qui se veut moins réductrice. Néanmoins, qu'on parle de QI, de QE ou de NTQAI (Nouveau Type de Quotient A Inventer), si l'on ne bâtit rien
avec ces caractéristiques-là, à quoi sert-il de les mettre en valeur ? Est-ce comme un tableau que l'on accrocherait au mur ... à côté de son diplôme de judo ou de bon conducteur ? Est-ce un
ornement que l'on pourrait exhiber comme une marque distinctrice et de ce fait, nous positionnerait, nous classerait sur l'échelle de la vie ?
Non... Toutes ces mesures ne servent à rien...
La valeur d'une personne, à nos yeux ne peut jamais être mise en équation, ou tout simplement chiffrée. La valeur d'une oeuvre, d'une invention, quand elle tend à servir le bien-être ou le
mieux-être de tous -- ce vers quoi tend généralement une invention que l'on peut qualifier de "géniale"-- n'est pas
non plus mesurable avec des chiffres.
Par contre, elle peut servir à la reconnaissance de celui qui la produit, non du fait de sa position dans les échelles
de tests, mais par la mise au service des autres de ses capacités, partageant ainsi sa "richesse" intérieure enfin
dévoilée en place publique, et prouvant son
utilité.
Et si on se l'inventait notre NQAI... Quel quotient aimeriez-vous voir mesurer ?
...
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