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2 février 2008 6 02 /02 /février /2008 16:58


"Ce qu'on ne peut pas dire, il ne faut surtout pas le taire, mais l'écrire."
Jacques Derida      (...........)



Y a-t-il quelque chose dont je souhaiterais parler ? ... Non...
C'est la réponse la plus facile à donner, parce que brève, et n'engageant aucune discussion...

Et puis même écrire... des fois les mots ne veulent pas se donner à lire... ils se retiennent, à peine si je les pense...
Ils se dissimulent autant qu'ils le peuvent ... même à moi...
Je les sens, je les ressens, mais sans pouvoir les rendre accessibles...

C'est exactement le mot, le malbonheur... Néologisme certes, mais parce qu'entre bonheur et malheur, il y a ce constat-là...
Ce n'est pas un vide qui remplit, mais un trop plein qui vide...
Trop plein de quoi ?... On se le demande toujours avant de plonger dedans... comme ces placards dont on aurait du mal à fermer les portes parce qu'il y a des trucs qui ne tiennent pas ou plus, et qui coincent dans les charnières...
J'ai les charnières qui coincent....


Parfois c'est exactement comme ça : rien dont j'aimerais parler, rien dont j'aimerais me souvenir, rien que j'aimerais vivre... Rien !

Juste rien... Un grand rien infini ... à en donner le vertige... à s'enivrer la conscience jusqu'à l'ivresse d'incompréhension...
Et puis ces mots qui s'emboitent, et qui s'emmêlent quand il s'agit de parler de moi...
Des mots qui ne se trouvent pas, pour dire que ... Pour dire ce que j'aimerais formuler...
Que je retiens, parce que les réponses en écho, je n'ai pas envie de les entendre...
Parler... c'est quand on a envie d'être écouté...

Parler, c'est nécessairement s'ouvrir au dialogue... sinon, c'est un monologue... sorte de nombrilisme qui s'auto-alimente...
Il vient de loin le silence... et personne ne pourrait dire où il va, ni même s'il a en vue une destination connue...
Sorte de voyageur intersidéral qui, à la manière d'une balle de flipper, rebondit sur les lignes du temps, et se cogne aux murs du présent, sans trouver de voie pour son salut...
Le silence... combien de mots ai-je déjà mis dessus, aujourd'hui, hier ou bien avant...
Le silence, si dépourvu de mots, en contient pourtant une infinité... mais la parole, bousculée par ses hésitations, ne sait lesquels choisir...


Il y a toutefois, peut-être pire que le silence... c'est de feindre la vie et la bonne humeur quand on sait bien qu'on les ment...

Et que tous les mots qui nous habitent ne peuvent pas être entendus...
Il y a quelque chose de pire que sa propre souffrance, c'est la souffance qu'on génère parfois en la partageant.
Chacun de nous a ses propres maux, et en connait l'impact et l'importance dans son propre fonctionnement.
Avec le temps, on apprend à composer avec, à jongler avec nos blessures, et à calmer leurs douleurs...


Avec le temps, on apprivoise ses peurs, ses douleurs et ses blessures... et l'on entretient avec elles, une relation privilégiée... qui en atténue l'importance...
Mais il est difficile d'ouvrir ce théâtre de nos émotions à quelqu'un d'autre, parce que c'est notre histoire qui nous a permis de développer ce lien privilégié avec elles, qu'on en connait à la fois la violence et l'insipidité...

Violence des émotions négatives qui malmènent notre bonne volonté à croire que le meilleur est toujours à venir...
Insipidité des douleurs qui ne servent à rien, et qui le valent bien quand enfin on les laisse de côté...
Il n'y a que deux façons de vivre : composer sans cesse un nouveau parchemin pour écrire son roman, ou bien relire l'ancien pour y trouver peut-être les clés de demain.
Certaines situations semblent tourner en boucle... et l'on comprend bien que c'est parce que nous ne les avons pas comprises qu'elles reviennent... La seule question valide est : mais que veulent-elles nous faire comprendre ces situations que l'on ne résoud jamais qu'à moitié, puisqu'elles se répètent...


Les mots préfèrent se taire qu'ajouter rancoeur et désenvie au moment qui passe...
Pire que le silence est le moment présent gâché par des questionnements douteux et hasardeux, qui n'ont plus cours...

Le silence vient du fond de l'âme, et épuise par son néant les forces de vie de l'instant, quand il se fait pesant et douloureux, et qu'il bloque en travers de la gorge toute nourriture qui calmerait cette appétit fulgurant qu'il a parfois, à saper l'envie de vivre...
Ce silence destructeur qui anéantit tout désir de partage, parce qu'il se sait irrecevable s'il venait à se dire...
Irrecevable parce qu'inquiétant, irrecevable parce qu'indomptable et sournois...
Je l'ai chassé bien des fois ce silence, qui éloigne toute possibilité de se rencontrer, de se comprendre...
Je l'ai chassé bien des fois, mais toujours il revient...

Préférant garder ces non-paroles qui m'habitent néanmoins en profondeur, et de manière bien vivante,
je sais que je me fais complice de son pouvoir... Complice... et donc bourreau de moi-même, puisque j'accepte son omnipotence...
Mes silences m'enferment, et sont ma porte de sortie quand le blues envahit tout...
Aucune raison valable, aucune explication rationnelle... juste l'impossibilité de dire...
Impossibilité ou interdit... J'interdis l'accès à certaines zones de sécurité que j'ai défini au cours du temps...
Sentinelle manipulée par mes ombres et mes fantômes, je suis ma propre geolière, et défend ma prison... comme s'il s'agissait de mon bien le plus précieux...


Mais comment pourrais-je te dire ces mots que je ne sais même pas mettre moi-même sur ces vides-là ?
Je ne veux pas partager cela, ou ne le peux pas... Je me coupe de ma vie par moment pour les ressentir dans leur intensité, puis les reléguer à leur juste place... loin, très loin... jusqu'à leur prochaine apparition... un jour... ou un autre... à un moment que je sentirai venir... ou par surprise...
Ils gâchent mon optimisme et font pâlir mes meilleures joies, ils sont là pour me rappeler à quel point, je ne désire parfois... que rien...
Ces mots-là font toujours peur, c'est aussi pour ça que je les retiens.
Ne rien désirer, ne rien vouloir, ne rien attendre... mais savoir quand même que la route est encore longue... qu'on ne sait pas pourquoi on la fait, mais qu'on ne peut pas sortir par la première bretelle qui se présentera, parce qu'on a une responsabilité de vie... parce qu'on sait très bien qu'on n'a pas fini...

Il y a souvent des clins d'oeil cocasses dans la vie... Je viens d'en lire un : "C'est une excellente journée pour vous lo, au cours de laquelle vous pourriez trouver la force mentale et la confiance qui vous manquaient pour remplir certains vides de votre vie. " Tacler " vos vieux démons à la régulière ! Vos craintes pourraient disparaître enfin et vous permettre de progresser. Vous pourriez prendre conscience qu'un instinct de guerrière vous permet de vous défendre admirablement. A l'attaque, belle amazone !"
C'est mon horoscope pour la journée qui vient de commencer depuis deux heures...

Belles promesses, dis donc ! ... La vie est décidément une farce, dont les rebondissements en font le succès...


... Que ma nuit chasse mes ombres, et pardonne mes erreurs de conjugaison...


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